NÉVROSE

NÉVROSE

Le terme de névrose – en anglais, neurosis – aurait été introduit, selon J. Laplanche et J.-B. Pontalis, par un médecin écossais, William Cullen, dans un traité de médecine paru en 1777. Ce mot a connu, depuis, une indiscutable fortune. Représentant un concept important dans le système nosologique psychiatrique, il a été rapidement emprunté tant par la langue littéraire que par l’usage courant. Le sens qui lui est alors attribué reflète les définitions théoriques souvent anciennes, non sans quelque élaboration particulière.

Pendant longtemps, on appela «névroses», en clinique médicale, un certain nombre de maladies du corps et de l’esprit ayant comme caractères communs leur nature fonctionnelle, l’absence de toute lésion organique connue et le dérèglement de l’activité nerveuse qui paraissait s’y attacher, sans que pour autant le patient donnât l’impression d’avoir perdu la raison. Bien que longtemps malaisée à systématiser, la participation psychique était décrite par les auteurs anciens comme une curiosité naturelle pleine de pittoresque et d’étrangeté.

Dans l’histoire des maladies, cette catégorie servit autrefois de zone d’attente, se définissant de façon plus négative que positive. On y rangea longtemps des syndromes correspondant à des affections mal connues, tant que les progrès de la méthode anatomoclinique n’en avaient pas fait connaître le substrat anatomopathologique, tant que leur physiopathologie restait mystérieuse. C’est ainsi que dans le traité de Gilbert Ballet, ouvrage classique de la fin du siècle dernier, sont décrits dans le chapitre des névroses, entre autres, la maladie de Parkinson, l’épilepsie, les troubles mentaux des chorées.

Les progrès de la médecine entraînèrent une réaction vive, qu’on peut facilement comprendre, mais qui dépassa quelque peu le souci légitime d’instaurer un ordre scientifique dans un domaine où le souvenir du messmérisme était encore vivace. On jugea, à tort, peu scientifique de s’intéresser au sens qu’un trouble fonctionnel pouvait prendre pour le sujet. L’hystérie, qui fut l’objet d’un grand intérêt du temps de Charcot, devint de plus en plus synonyme de supercherie et de simulation, sans que l’état mental du sujet parût digne d’être étudié.

Quelques médecins refusèrent de se laisser entraîner dans cette méconnaissance de l’aspect psychique des névroses. L’œuvre de Pierre Janet doit être citée ici. Sa description des névroses, divisée en deux groupes nosologiques, l’hystérie et la psychasthénie, a été largement reprise par beaucoup d’auteurs contemporains. L’introduction d’une dimension dynamique en psychopathologie n’est pas le moindre mérite de Janet. Il comprit le rôle de l’oubli de certains souvenirs dans la pathogénie de l’hystérie et fut l’un des premiers à utiliser la référence évolutive dans la compréhension des maladies mentales.

Mais c’est indiscutablement Sigmund Freud qui élabora une théorie des névroses, permettant à la fois une compréhension des phénomènes observés, une description et une classification cohérentes, ainsi qu’une stratégie et une tactique dans la thérapeutique des névroses. Il en découla non seulement de nouvelles possibilités d’action sur le fonctionnement mental des malades, mais aussi un enrichissement progressif des connaissances en ce domaine difficile.

Le point de départ de Freud fut la compréhension du rôle des symptômes dans l’économie psychique, ce qui entraîna l’élaboration du concept d’inconscient, concept dont Pierre Janet avait entrevu la nécessité sans en reconnaître la valeur en tant qu’instrument de connaissance. Complétée par l’étude de l’interprétation des rêves, cette démarche conduisit à mettre en évidence l’importance de la sexualité infantile et à élaborer la théorie des instincts. La mise en place de cet appareil théorique permit une compréhension générale du fonctionnement mental et du mode d’étude de tous les processus psychopathologiques, parmi lesquels les névroses prennent une place spécifique.

Bien que les théories psychanalytiques ne soient pas utilisées par tous les psychiatres et soient contestées par un certain nombre d’entre eux, les progrès réalisés dans ce domaine par la psychanalyse sont tels que toute description des névroses doit aujourd’hui tenir compte de l’appareil conceptuel mis en place par Freud.

Le symptôme névrotique et son déterminisme

Historiquement, la découverte que les symptômes hystériques ont un sens caché doit être considérée comme l’enseignement le plus précieux rapporté par Freud de son séjour chez Charcot; et l’on pourrait retracer l’évolution de la pensée freudienne en utilisant comme fil conducteur la signification du symptôme depuis le court article sur les Psychonévroses de défense (1895) jusqu’à Inhibition, symptôme et angoisse (Hemmung, Symptom und Angst , 1926).

Cliniquement, c’est par ses symptômes qu’un sujet atteint de névrose, tout au moins dans l’acception la plus courante de ce terme, se distingue parmi ses semblables. Au premier abord, le malade paraît conscient du caractère pathologique de son trouble, mais cette lucidité et cette critique ne lui servent en rien à se débarrasser des pensées ou des impressions désagréables, qui peuvent dans certains cas le gêner considérablement. C’est ce qui permet d’opposer les idées obsédantes, les peurs localisées (phobies), l’anxiété immotivée et les autres symptômes névrotiques aux idées délirantes et aux hallucinations auxquelles le malade psychotique semble adhérer sans critique. Cette opposition, qui paraît très manifeste à un examen superficiel, n’est plus aussi tranchée quand des entretiens répétés font mieux connaître les pensées des patients.

Une autre caractéristique doit être signalée: les symptômes névrotiques peuvent être plus ou moins localisés dans le temps et dans l’espace. Certaines circonstances de la vie paraissent favoriser leur apparition; leur «volume» peut diminuer dans d’autres conditions. Ce caractère circonscrit – difficilement compris par le patient, malgré ses tentatives d’explication rationnelle – démontre qu’il ne s’agit pas d’une altération chronique des capacités mentales, d’une désorganisation correspondant à une «dissolution» (processus opposé à la maturation dans les théories évolutionnistes du fonctionnement nerveux).

C’est ainsi qu’un malade atteint de doute obsessionnel apparaîtra tout à fait incapable de prendre une décision dans une circonstance particulière de sa vie, circonstance généralement pleine de signification symbolique, et qu’il pourra en même temps faire preuve d’une activité mentale tout à fait normale à propos d’affaires parfois beaucoup plus importantes, qui n’ont pas le même retentissement parasite dans la vie psychique.

En revanche, les symptômes névrotiques ont le plus souvent un caractère répétitif qui donne aux névroses leur aspect de maladie de longue durée. Toute théorie du symptôme névrotique doit rendre compte à la fois de la localisation, de l’intermittence et de la répétition. Il est nécessaire de rappeler ici les particularités des symptômes en pathologie mentale.

En médecine somatique, les symptômes constituent un ensemble de signes permettant de déduire l’existence d’une modification physique du corps. Les uns sont produits par des modifications fonctionnelles déterminées par l’atteinte corporelle (signes «fonctionnels», signes «généraux»); les autres sont directement émis par la lésion (la plupart des signes «physiques» tels que, en pneumologie ou en cardiologie, les signes relevés à l’auscultation).

En psychiatrie, il existe certains signes qui démontrent l’existence d’une lésion (paralysie générale, tumeurs cérébrales, etc.) ou d’un dysfonctionnement métabolique (telle la dépression des syndromes parkinsoniens séniles), mais la plupart des symptômes ne conduisent à aucun objet de connaissance dont ils seraient les témoins.

Jusqu’au développement de la théorie psychanalytique, les symptômes psychiatriques pouvaient servir d’indices pour les classifications n’entraînant qu’une compréhension limitée, ou pour des pronostics souvent discutables.

C’est la théorie de Freud qui leur a donné un statut particulier en montrant qu’ils avaient un sens dans l’organisation du psychisme et qu’ils jouaient un rôle dans l’économie générale de l’activité mentale. Le symptôme névrotique constitue un compromis entre deux mouvements contradictoires. Le premier est un désir inconscient, le second s’oppose à la réalisation de ce désir, ce qui revient à dire que le symptôme névrotique est la résultante consciente d’un conflit intrapsychique inconscient.

Dans les premières années, les recherches psychanalytiques concernant la signification sexuelle des crises hystériques avaient conduit Breuer et Freud à élaborer l’hypothèse de l’origine traumatique de ce conflit intrapsychique (cf. Études sur l’hystérie ). Le schéma en était le suivant: le sujet, généralement du sexe féminin, a été victime d’une agression sexuelle, d’une tentative de séduction qui a été repoussée. Cette agression a fait naître un désir insupportable pour le sujet. Cette contradiction a entraîné un oubli massif de l’incident et le refoulement du désir ainsi malencontreusement stimulé. La première théorie de l’inconscient reposait sur la constatation du fait que, malgré l’oubli, ce désir restait efficient hors de la conscience du sujet et déterminait la répétition des crises. La remémoration entraînait la liquidation de ce conflit (entre le désir et le processus conduisant à l’oubli) et la disparition des crises.

Les développements de la psychanalyse montrèrent rapidement les insuffisances de ces premières hypothèses et, tout en permettant la généralisation d’une théorie du symptôme névrotique, conduisirent à l’abandon de la théorie du traumatisme initial. Les termes du conflit intrapsychique apparurent alors dans leur complexité.

Le désir inconscient entrant dans l’organisation du symptôme névrotique chez l’adulte a son origine dans la prime enfance du sujet. La découverte de la sexualité infantile a été progressive dans l’œuvre de Freud. Il fut d’abord surpris par la très grande fréquence des agressions sexuelles de nature incestueuse retrouvées dans les souvenirs oubliés des hystériques, et il n’osa pas mentionner cette particularité dans la première édition des Études sur l’hystérie (Über den psychischen Mechanismus hystericher Phänomene , 1893). La psychanalyse des névrosés et l’étude des rêves (cf. Die Traumdeutung , 1900) montrèrent que les désirs sexuels infantiles étaient précocement rendus insupportables pour le sujet du fait de mouvements contradictoires se développant en même temps.

Ainsi s’élaborent, à la fois, la théorie du complexe d’Œdipe et la théorie des instincts. Celles-ci ont subi plus d’un remaniement, à mesure que s’enrichissait l’expérience de la pratique psychanalytique, mais elles constituent aujourd’hui encore un instrument de connaissance dont la valeur heuristique est loin d’être épuisée. Rappelons brièvement qu’à l’acmé du complexe d’Œdipe, approximativement vers la sixième année, l’identification au parent du même sexe conduit l’enfant à renoncer consciemment à rivaliser avec celui-ci, c’est-à-dire à ne plus désirer posséder le même objet d’amour que lui. La composante érotique de sa relation avec l’autre parent est refoulée, car la contradiction entre le désir et l’identification (introjection du surmoi, dans sa forme définitive) créerait un conflit psychique insupportable.

Si le second terme du conflit est bien le désir d’être comme le rival, l’opposition entre ces désirs contradictoires est insuffisante pour expliquer un des aspects essentiels du symptôme névrotique: le fait que, sans une longue élaboration, les désirs qui le sous-tendent restent inconscients. Le symptôme fait partie du processus de refoulement ; il en résulte un certain contrôle de l’angoisse, qui envahit néanmoins le champ de la conscience quand les effets pulsionnels refoulés tendent à devenir conscients sous d’autres formes. En d’autres termes, le symptôme est produit par une certaine transformation du conflit inconscient, sous l’effet d’un processus tendant à diminuer les tensions psychiques internes. Dans la théorie psychanalytique, les désirs sous-jacents aux symptômes dérivent d’une source permanente de tension de l’appareil psychique (la libido), qui constitue cette région de l’inconscient que Freud, reprenant un terme de Groddeck, a dénommé le ça (Es ). Le surmoi (Über-Ich ) s’oppose à la réalisation de ces désirs, tandis que le moi (Ich ) peut être défini comme l’activité psychique tendant à la transformation et à la diminution du déplaisir et de l’angoisse engendrés par ce conflit (transformation du principe de plaisir en principe de réalité).

La tendance à la répétition du symptôme devient alors plus compréhensible. Le désir primitif dirigé vers un objet extérieur, auquel le sujet doit renoncer, est remplacé par la formation psychique même qui provoque l’oubli du désir (on désigne ce processus de refoulement du nom de formation réactionnelle). La persistance de ce substitut permet au sujet aussi bien de ne pas perdre la trace de ses premiers objets d’amour que de sauvegarder sa capacité interne et virtuelle de les aimer. Cette perte entraînerait l’état de dépression, contre lequel le sujet est préservé par les formations réactionnelles. Ces processus psychiques particuliers se transforment, dans certaines conditions (cf. infra ), en symptômes névrotiques, mais ils vont, le plus souvent, constituer des traits de caractère.

Névrose infantile et névrose de transfert

Les notions qui précèdent constituent une élaboration théorique de ce qu’on observe dans la clinique et le traitement des névroses. Un certain nombre de malades névrosés ont l’impression que leurs troubles ont eu un début franc, datable avec précision. C’est souvent le cas des malades atteints de phobies. Les obsessionnels ont généralement le sentiment d’avoir depuis longtemps quelques tendances au doute, au scrupule ou à la méticulosité, mais ils peuvent également retrouver le moment de leur vie à partir duquel les obsessions sont devenues une source de souffrance.

En revanche, si l’on prend ces mêmes malades en cure psychanalytique, dès que commencent la remémoration et l’élaboration propres à cette thérapeutique, cette mutation, considérée au premier abord comme le début de la maladie, perd progressivement son importance. Les conflits sous-jacents et les souvenirs d’angoisse qui s’y rattachent paraissent de plus en plus anciens. La névrose dont souffre le malade à l’âge adulte paraît liée à l’activation d’une névrose infantile, dont la résolution provisoire avait laissé le sujet mal préparé à affronter les situations de la vie adulte et à satisfaire des désirs, toujours aussi interdits, toujours aussi angoissants, malgré les profondes transformations qu’ils paraissent superficiellement avoir subies. Notons à ce sujet que, dans l’histoire de la psychanalyse, l’exemple le plus saisissant de reconstitution, chez un adulte, d’une névrose infantile ayant laissé des rejetons pathogènes est celui de l’«Homme aux loups», publié par Freud en 1918.

La capacité de certains malades à «transférer» les conflits infantiles sur le psychanalyste, au cours de la cure, a conduit Freud à grouper, sous l’expression de névroses de transfert, l’hystérie de conversion, la phobie (ou hystérie d’angoisse) et la névrose obsessionnelle.

Le complexe d’Œdipe est une contradiction que doit dépasser chaque enfant, tout au moins dans les sociétés occidentales contemporaines. Les conflits intrapsychiques observés dans les sociétés où les structures familiales sont différentes constituent d’ailleurs un intéressant problème.

La clinique et la psychanalyse des enfants ont montré qu’à l’âge où le conflit œdipien est le plus intense, de nombreux symptômes névrotiques peuvent être observés de façon courante, qu’il s’agisse de rituels d’ordre obsessionnel ou de peurs tout à fait comparables aux phobies (cf. l’observation princeps du «Petit Hans», 1909). Il faut donc expliquer comment certains sujets présentent des séquelles durables et susceptibles d’organiser plus tard une névrose à l’âge adulte, alors que d’autres ne gardent de ces symptômes que des traces plus discrètes.

Schématiquement, la résurgence de la névrose infantile et la constitution de la névrose à l’âge adulte dépendent de deux ordres de facteurs. Ceux-ci ne sont pas indépendants les uns des autres, mais interviennent en des temps différents de l’évolution. L’organisation d’une névrose de transfert nécessite toujours une surdétermination.

L’organisation progressive du complexe d’Œdipe prend des formes différentes en fonction des premiers stades de l’évolution libidinale et de son intrication avec l’intégration des «pulsions destructrices». L’identification aux images parentales peut être rendue précaire par le désir violent d’avoir le contenu convoité du corps maternel. Les travaux de Karl Abraham ainsi que les recherches – récusées par certains psychanalystes – de Melanie Klein ont mis en lumière les conséquences, parfois fort importantes, de ces conflits très primitifs sur le psychisme des grands enfants et des adultes.

Sans entrer dans le détail de ces processus, il faut souligner qu’ils déterminent les moyens utilisés par l’enfant pour renoncer, plus ou moins nettement, à la réalisation des désirs œdipiens et pour attendre que, plus tard, il puisse trouver d’autres objets d’amour. La capacité de différer la satisfaction sans y renoncer pour autant, de trouver des substitutions non dommageables, de prendre du plaisir à imaginer et à organiser des projets, dépend, en grande partie, de cette phase de constitution du complexe d’Œdipe.

Mais le destin de l’être humain n’est pas définitivement joué à cette période. L’équilibre des satisfactions et des frustrations, des agressions et des possibilités de se reconstituer pendant l’enfance auprès d’adultes rassurants, l’autonomie plus ou moins grande acquise par l’enfant dans la recherche du plaisir vont jouer un grand rôle, pouvant provoquer des régressions ou, au contraire, d’importantes restaurations.

Au début de l’âge adulte, les rapports entre les phases préparatoires et la réalisation des satisfactions sont déterminants, aussi bien pour permettre la résolution d’angoisses infantiles que pour provoquer l’apparition de symptômes pathologiques. Rappelons à ce sujet que la réalisation de ce qui paraissait le plus désiré, mais à quoi le sujet était en fait mal préparé par les étapes antérieures de sa vie, est bien souvent le facteur précipitant du début apparent de la maladie (début de la vie sexuelle, naissance des enfants, promotion professionnelle, par exemple).

Structures spécifiques des symptômes

Bien que répondant aux caractères généraux qui viennent d’être décrits, les symptômes des différentes névroses ont une organisation spécifique.

La conversion hystérique est caractérisée par la valorisation symbolique d’une partie ou de la totalité du corps (dans la crise névropathique). Elle s’accompagne d’un refoulement massif de tout affect pénible, tout en laissant le sujet dans un état de profonde dépendance vis-à-vis d’autrui, sans qu’il connaisse pour autant la nature de cette dépendance. Ce besoin de témoins, de spectateurs est généralement mal accepté par ceux qui ne reconnaissent pas la nature du désir sous-tendant ce théâtralisme et qui peuvent difficilement supporter la facilité avec laquelle ces malades se libèrent de leur angoisse.

Les symptômes phobiques ont une élaboration mentale plus compliquée, mais laissent ceux qui en sont atteints dans un état de dépendance vis-à-vis d’autrui tout aussi totale que dans les cas d’hystérie de conversion. D’une manière schématique, la phobie peut se caractériser par la projection des pulsions destructrices et par un clivage de l’objet d’amour. L’exemple du petit Hans cité plus haut peut servir ici d’illustration. L’enfant était en plein conflit œdipien et éprouvait à l’égard de son père des sentiments violemment contradictoires: il l’aimait tendrement et en même temps se sentait en rivalité avec lui. Les désirs agressifs à son égard étaient insupportables et ne pouvaient devenir conscients. Il s’en est suivi une projection et un déplacement. Le sentiment de haine à l’égard du père s’est transformé en peur d’une agression venue de l’extérieur et polarisée sur les chevaux qu’il risquait de rencontrer dans la rue. Par cette transformation, la relation de l’enfant avec son père s’est trouvée épurée de tout affect agressif ou dangereux, et le père n’a plus joué qu’un rôle affectueux et protecteur.

On retrouve une disposition analogue dans toutes les névroses de type agoraphobique. Elles sont ainsi caractérisées par une localisation de l’angoisse sur l’objet phobogène, ce qui représente un avantage certain, puisque les affects désagréables n’apparaissent pas en dehors de sa présence. Le sujet est rassuré par la présence du personnage contre-phobique, dérivé plus ou moins direct de l’imago parentale. Il peut ainsi vérifier qu’il n’arrive rien de fâcheux à ce dernier et qu’il ne lui est pas hostile. Devant l’objet phobogène, certaines réactions du malade passent par la motricité (fuite ou inhibition motrice). Les exigences du malade à l’égard du personnage contre-phobique peuvent devenir tyranniques, ce qui revient à dire qu’une partie atténuée, mais efficace, des intentions hostiles du patient à l’égard de l’imago parentale échappe au refoulement (retour du refoulé). Cette tyrannie est assumée en toute innocence par le patient, qui se sent en état de défense toujours renouvelée et toujours légitime.

Les obsessions peuvent être considérées comme les symptômes névrotiques les plus élaborés mentalement. Elles sont caractérisées par l’importance des formations réactionnelles, qui permettent le refoulement intense de désirs liés aux stades primitifs de l’évolution libidinale, et par l’échec relatif de ce processus de refoulement, échec entraînant un retour du refoulé infiniment plus pénible que dans les névroses phobiques. Quelles que soient les précautions prises, le malade n’est jamais sûr, par exemple, de ne pas avoir détruit ou sali un objet précieux, ce qui l’oblige à vérifier qu’il n’en est rien. Mais, en exécutant cette vérification, il n’est pas certain de ne pas avoir couru un nouveau risque de destruction ou de souillure, ce qui entraîne le besoin de recommencer, à moins qu’un rituel propitiatoire ne lui permette l’annulation rétroactive de l’acte agressif qu’il n’est jamais sûr de ne pas avoir commis. Par opposition aux phobiques, l’obsessionnel n’attend aucun secours d’autrui, pas plus qu’il ne craint un danger venu de l’extérieur. Loin de le rendre dépendant, les formations réactionnelles du patient se substituent à l’objet (contre-investissement) et l’obligent à des démarches compliquées et souvent rigides à l’égard d’éventuels personnages à aimer, à craindre ou à haïr. Cette procédure de maintien de la «distance objectale» a été remarquablement décrite par Maurice Bouvet.

Ainsi, malgré des types d’organisation apparemment très différents, tous les symptômes névrotiques sont significatifs de l’abord d’autrui par le patient, de l’expression de ses désirs dirigés vers un objet extérieur et des processus défensifs contre l’angoisse se rattachant à ces désirs, en raison de la répétition des conflits infantiles qu’ils impliquent (relations objectales).

Extension et limites du concept de névrose

Les formations réactionnelles ne se transforment pas obligatoirement en symptômes névrotiques, mais peuvent constituer des traits de caractère, c’est-à-dire des modes de réaction habituels au sujet, qu’il s’agisse de processus mentaux ou de formes d’action. Ces traits de caractère ont la même fonction antidépressive que les symptômes névrotiques. Ils sont généralement bien acceptés par le sujet, d’où le qualificatif d’«égosyntoniques» qui leur est appliqué. S’ils permettent des relations équilibrées avec autrui, s’ils sont compatibles avec la réussite des entreprises du sujet, ils ne posent pas de problème: il suffit de signaler qu’il n’y a pas de différence de nature entre le fonctionnement mental de ces sujets «normaux» et celui des névrosés, mais beaucoup plus une différence d’ordre quantitatif.

Il peut cependant advenir que ces traits de caractère aient des effets moins heureux, entraînant des conflits avec les proches, des échecs dans la vie sociale, et que le sujet s’aperçoive alors que son comportement fâcheux tend à se répéter, malgré une certaine lucidité engendrée par les difficultés avec lesquelles il est confronté. En dépit de l’absence de symptômes névrotiques classiques, il devient alors légitime de considérer ce sujet comme atteint de névrose, d’autant plus que l’effet de la répétition de la névrose infantile est aussi important que lorsqu’il s’agit de névroses symptomatiques. C’est à propos de tels cas qu’on emploie les expressions de névrose de caractère ou de névrose de destinée.

Il existe cependant des degrés divers dans l’organisation de ces caractères névrotiques. Chez certains, l’égosyntonie est poussée à un tel degré qu’aucune critique n’est plus possible. Dans les conflits qui se développent avec l’entourage, ces sujets sont toujours convaincus d’être dans le vrai. Une telle altération de la perception du réel entraîne parfois un désordre familial global, dont les enfants sont souvent les premières victimes. Aussi a-t-on souvent comparé ces structures mentales aux psychoses.

Il ne faut donc pas étendre le concept de névrose au-delà de certaines limites. Nombre de troubles du comportement, caractérisés par l’incapacité de médiatiser le désir, de supporter les frustrations, par des réactions immédiatement «agies», sans qu’une élaboration mentale suffisante puisse intervenir, ne doivent pas être considérés comme témoignant d’une structure névrotique. Pour des raisons assez comparables, de nombreux malades atteints d’affections psychosomatiques ne peuvent être assimilés aux névrosés. Cette distinction est importante, puisqu’elle implique des attitudes thérapeutiques très différentes pour les uns et pour les autres. Enfin, les états d’angoisse aiguë ainsi que la névrose d’angoisse sont caractérisés par la faillite, sous divers effets, des processus défensifs habituels. Ils doivent donc être distingués des organisations névrotiques.

névrose [ nevroz ] n. f.
• 1785; de névr(o)- et 2. -ose, p.-ê. d'apr. l'angl.
Psychiatr. Affection caractérisée par des troubles affectifs et émotionnels (angoisse, phobies, obsessions, asthénie), dont le sujet est conscient mais ne peut se débarrasser, et qui n'altèrent pas l'intégrité de ses fonctions mentales. hystérie, neurasthénie. Névroses et psychoses. Névrose traumatique, phobique, obsessionnelle, hystérique, etc. La psychothérapie « substitue à la névrose clinique une névrose thérapeutique ou névrose de transfert » (Lagache). Névrose de caractère. Théorie freudienne des névroses.

névrose nom féminin Affection caractérisée par des conflits qui inhibent les conduites sociales et qui s'accompagnent d'une conscience pénible des troubles. ● névrose (difficultés) nom féminin Orthographe et prononciation [&ph98;&ph89;&ph106;ʀ&ph99;&ph110;], comme pause, avec un o fermé mais sans accent circonflexe. ● névrose (expressions) nom féminin Névrose expérimentale, état induit chez un animal, originellement par I. P. Pavlov et son école, dans des situations analogues à celles du conditionnement et qui ressemble à la névrose humaine. Névrose obsessionnelle, névrose caractérisée par des obsessions associées à des traits psychasthéniques (tension émotionnelle, fatigabilité). Névrose phobique, synonyme de hystérie d'angoisse. Névrose phobique, névrose associant une personnalité voisine de celle de l'hystérique (sujet émotif et sensible, à l'imagination vive) à des crises de phobie. ● névrose (synonymes) nom féminin Névrose phobique
Synonymes :
- hystérie d'angoisse

névrose
n. f. PSYCHIAT Affection nerveuse, caractérisée par des conflits psychiques, qui détermine des troubles du comportement, mais n'altère pas gravement la personnalité du sujet (à la différence de la psychose). Névrose obsessionnelle. Névrose d'angoisse, d'échec.

⇒NÉVROSE, subst. fém.
A.PATHOL., vieilli. Trouble fonctionnel du système nerveux sans lésion organique de celui-ci, se manifestant par des troubles physiques au niveau d'un organe. Je serais d'accord si l'on veut simplement dire que les névroses sont des lésions qui ne se traduisent pas à nos moyens d'investigation et qu'elles ne détruisent pas l'organe, de manière à ce qu'il peut reprendre subitement ses fonctions (Cl. BERNARD, Princ. méd. exp., 1878, p.169). Ils soignèrent Chamberlan le bedeau, pour ses douleurs intercostales, migraine, le maçon, affecté d'une névrose de l'estomac (FLAUB., Bouvard, t.2, 1880, p.71). Cette phosphaturie a été imputée par les uns (...) à une névrose sécrétoire du rein (HUDELO ds Nouv. Traité Méd. fasc. 1 1926, p.510).
B. —1. PSYCHIATRIE, PSYCHOPATHOL. Affection psychique caractérisée par l'absence de lésion ou de trouble organique et ayant ses racines dans l'inconscient du sujet qui présente des troubles mineurs du comportement, conserve la conscience du caractère morbide de ses troubles (contrairement à la psychose, ce qui entraîne généralement une évolution favorable lors du traitement psychothérapeutique). Les névroses de sa mère s'étaient changées chez elle en une phtisie lente qui l'avait peu à peu consumée (ZOLA, Fortune Rougon, 1871, p.132). Nègres triturant de leur mâchoire des boulettes de pepsine, les yeux absents, atteints d'une névrose de la mastication, mornes comme des orientaux tripotant leur chapelet (MORAND, New-York, 1930, p.235). Friandes de fromage, les femmes s'en privent, depuis que la terrible névrose de la maigreur les gouverne (COLETTE, Pays. et portr., 1954, p.134):
1. Lui qui a poussé la peur du temps perdu jusqu'à la névrose, jusqu'à toujours porter quelque livre dans sa poche pour que cinq minutes de vide ne restent pas inemployées...
MONTHERL., Songe, 1922, p.162.
[Chez P. Janet] ,,Diminution de la vitalité, de la tension psychologique, elle-même support de la «fonction du réel», causée par des conditions héréditaires et l'épuisement dû au surmenage ou aux chocs émotionnels`` (SILL. 1965). Au-delà, nous franchissons les portes de la névrose. Janet a groupé sous le nom de psychasthénie les états dépressifs qui portent le désordre jusque dans les facultés de réflexion et dans la constitution même de l'assentiment (MOUNIER, Traité caract., 1946, p.271).
Névrose expérimentale. Trouble du comportement provoqué artificiellement chez un animal, au cours d'un conditionnement. L'animal, sollicité par deux actions également nécessaires, tombe dans une sorte de crise nerveuse, qui peut être le point de départ d'une névrose expérimentale (J. ROSTAND, La Vie et ses probl., 1939, p.92).
2. PSYCHANAL. [Chez Freud et ses continuateurs] ,,Affection psychogène résultant d'un conflit inconscient entre les désirs du sujet et les interdits qui s'opposent à leurs réalisations`` (VIREL Psych. 1977). Névrose narcissique, obsessionnelle, phobique, traumatique, hystérique. Cette forme semble si importante que certains auteurs, comme M. Freud, ont voulu en faire une maladie spéciale, distincte de l'obsession et de la neurasthénie, sous le nom de névrose d'angoisse (JANET, Obsess. et psychasth., 1903, p.217). Il y a des symptômes sexuels à l'origine de toutes les névroses, mais ces symptômes, si on les lit bien, symbolisent toute une attitude, soit par exemple une attitude de conquête, soit une attitude de fuite (MERLEAU-PONTY, Phénoménol. perception, 1945, p.185). Ce groupe des névroses institutionnelles, qui présente une grande importance en caractérologie clinique, s'oppose au groupe des névroses événementielles, qui apparaissent comme la conséquence d'un traumatisme (DELAY, Psychol. méd., 1953, p.161):
2. Entre le simple affaiblissement de la personnalité et les psychoses, il y a une longue série d'états intermédiaires. Quelques névroses donnent à leurs victimes le sentiment de la dissolution de leur personnalité.
CARREL, L'Homme, 1935, p.294.
Rem. C'est S. Freud qui au début du siècle a établi la distinction clinique entre les psychoses et les névroses, établissant également une classification des névroses: phobies, hystérie, obsessions, angoisse. La psychanal. mod. a décrit depuis d'autres types de névroses correspondant à des attitudes très particulières: névrose d'échec, caractérielle, dépressive, traumatique. Mais le souci majeur de Freud n'est pas alors de délimiter névrose et psychose, c'est de mettre en évidence le mécanisme psychogène dans toute une série d'affections. Il en résulte que l'axe de sa classification passe entre les névroses actuelles où l'étiologie est cherchée dans un dysfonctionnement somatique de la sexualité et les psychonévroses où c'est le conflit psychique qui est déterminant (LAPL.-PONT. 1967).
Névrose de transfert. ,,Névrose thérapeutique substituée à la névrose clinique au cours du traitement psychanalytique`` (MOOR 1966):
3. Nous sommes redevables de ces résultats à l'utilisation de la notion de libido du moi ou libido narcissique, qui nous a permis d'étendre aux névroses narcissiques les données que nous avait fournies l'étude des névroses de transfert.
FREUD, Introd. psychanal., trad. par S. Jankélévitch, 1959 [1922], p.459.
REM. 1. Névrosisme, subst. masc. a) ,,Tendance aux réactions névrotiques, sans symptôme net de névrose cliniquement confirmé`` (Méd. Biol. t.3 1972). b) Synon. désuet de neurasthénie (Méd. Biol.t.3 1972). 2. Névrosité, subst. fém. État de névrose. Mais lui restait éperdu, d'une névrosité ombrageuse, d'une inquiétude qui se tournait en exaspération, au moindre heurt (ZOLA, Débâcle, 1892, p.579).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. a) 1785 neurose (Ph. PINEL, Institutions de méd. pratique, t.2, p.493); b) 1895 en partic. dans la théorie psychanalytique (FREUD, Obsessions et phobies ds R. neurologique, t.3, p.30 ds QUEM. DDL t.29: névrose anxieuse). Dér. du gr. «nerf» (v. neuro-, névro-) à l'aide du suff. -ose; d'apr. NED, ce serait le médecin écossais Cullen qui aurait proposé de classer sous le terme de neurose ces affections pathol. dans son ouvrage First Lines Pract. Physic, 1776-1784. Fréq. abs. littér.:186.

névrose [nevʀoz] n. f.
ÉTYM. 1785, Pinel; probablt créé en angl. (neurosis) par W. Cullen, en 1777; du grec neuros (→ Neur-), et suff. -ose.
1 Psychiatrie. Ensemble de troubles psychiques dans lesquels le sujet a conscience de la nature morbide de ses symptômes et maintient sous une forme ou sous une autre une adaptation à la réalité. || Relatif à la névrose. Névrotique. || Névrose à symptômes psychiques accentués. Psychonévrose. || La névrose, affection nerveuse aux formes multiples : hystérie, nervosisme, neurasthénie, obsession, phobie, psychasthénie. || Les névroses se manifestent souvent par de l'hyperémotivité, de l'angoisse, parfois par de l'hypocondrie. || Névrose anxieuse : névrose dans laquelle l'angoisse est le symptôme essentiel (→ ci-dessous, névrose d'angoisse). || Certaines névroses hystériques sont accompagnées de névralgies.
1 (…) dans ce domaine psychiatrique, les troubles extérieurs apparents sont indissolublement liés à des troubles de la pensée, c'est-à-dire à des troubles subjectifs qu'on ne peut étudier que par l'introspection, l'interrogatoire, ou des moyens indirects.
Ces troubles peuvent être d'intensité et de degré très variables. Tantôt ils restent légers, suffisants pour être perçus subjectivement, mais insuffisants pour donner à l'extérieur des perturbations importantes du comportement apparent. Ce sont ces cas que l'on désigne sous le nom de névroses. Tantôt au contraire ils sont plus marqués et perturbent tout le comportement, le malade devenant en quelque sorte comme étranger aux hommes normaux (…) Ce sont là les psychoses.
H. Baruk, Psychoses et Névroses, p. 9-10.
REM. Le sens du mot a varié depuis son apparition (dans la deuxième moitié du XVIIIe s.). Au XIXe s., il désigne tous les symptômes nerveux sans base organique connue (ex. : surdité, vomissement, tétanos, nostalgie…, chez Pinel, 1819). L'extension du concept est allée diminuant avec les progrès de la médecine.
Spécialt. (Chez Janet). Trouble fonctionnel portant sur les fonctions supérieures du système nerveux, définies comme fonctions symboliques.
Psychan. (Freudisme). Ensemble de symptômes d'origine psychique, qui sont l'expression « symbolique » d'un conflit entre le désir (inconscient) et la défense et qui en constituent l'issue morbide. || Névrose actuelle (Aktualneurose, 1898, Freud), dont les symptômes ont leur origine dans un conflit actuel (non pas infantile) et qui « résulte directement de l'absence ou de l'inadéquation de la satisfaction sexuelle » (d'après Laplanche et Pontalis). || Les névroses actuelles correspondent en partie aux affections psychosomatiques. || Névrose d'angoisse (Angstneurose, 1895, Freud) : névrose actuelle où les symptômes d'angoisse sont prédominants (ce qui la distingue de la neurasthénie) et proviennent directement de l'excitation sexuelle (alors que les hystéries constituent une symptomatologie médiate). → Angoisse, cit. 6.2. || Névrose de caractère, où le conflit psychologique détermine des traits de caractère, de comportement (et non des symptômes précis). || Névrose obsessionnelle, caractérisée par des compulsions obsessives, le doute, les scrupules et l'inhibition (souvent masqués par des attitudes réactionnelles). || Névrose traumatique, où les symptômes apparaissent en liaison avec un choc émotif.Névrose familiale (1936, Laforgue) : ensemble des relations entre les névroses individuelles, dans un milieu familial.Névrose infantile. || « La prophylaxie de la névrose consistera essentiellement à dépister les premiers indices de névrose infantile (…) » (Hesnard, in Porot).Névrose de transfert (chez Freud, d'abord concept opposé à la névrose narcissique, par le fait que la libido est déplacée sur des objets et non retirée sur le moi) : dans la cure psychanalytique, Névrose provoquée, constituée autour des relations avec le thérapeute et dont l'élucidation permet de découvrir la névrose clinique et de la guérir.
2 Transfert et névrose de transfert. — Toute psychothérapie repose sur la relation du thérapeute et du patient; elle substitue à la névrose clinique une névrose thérapeutique ou névrose de transfert; le propre de la psychanalyse est de contrôler, interpréter et traiter la névrose de transfert.
Daniel Lagache, la Psychanalyse, p. 90.
tableau Principales maladies et affections.
2 Cour. Anomalie psychique, trouble mental (moins grave que l'aliénation, la folie). Dérangement, déséquilibre. || Les Névroses, poèmes de Rollinat. || Atteint de névrose. Névropathe, névrosé.
DÉR. Névrosé, névrotique.
COMP. Psychonévrose. — Trophonévrose.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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